07.11.2007

SERVICE CIVIQUE OBLIGATOIRE: Que va faire le gouvernement ?

 

La rentrée est bien là, celles et ceux qui s'imaginaient que le projet de S.C.O s'évanouirait dans le sillon de la campagne présidentielle, vont être déçus. La graine a plutôt l'air de bien germer si l'on en croit les nouvelles. D'ailleurs, la place commence à se faire pour les nouveaux appelés : Par qui seront remplacés la moitié des fonctionnaires qui partent à la retraite ?

Les nouvelles sont même, plus mauvaises que pendant la campagne présidentielle, logique: notre président est pour l'obligation. Inutile donc de tergiverser, c'est le moment d'enfoncer le clou !

Des acteurs du Volontariat et des partisans de l'obligation, main dans la main ?

L'association Unis-Cité, par l'intermédiaire de sa présidente Marie Trellu-Kane a participé récemment à un débat (1) qui n'avait rien de contradictoire, avec l'amiral Béreau (2). Même si elle préfère au terme « obligatoire » l'euphémisme « universel », la présidente d'Unis-Cité présente le volontariat comme une étape incontournable dans le processus d'obligation: « ...Pourquoi pas l'obligation, pour moi elle n'est pas à exclure, pour le moment elle ne sera pas légitimée...C'est avec un service de qualité que nous pourrons légitimer l'obligation... » (3) Pour elle, le S.C.O doit passer par une montée en puissance du volontariat et l'engagement des jeunes peut répondre en partie, à la multitude des besoins de la société civile, auxquels les pouvoirs publics ne peuvent plus faire face.

On peut se poser la question de l'utilité d'un débat où les participants réfléchissent simplement, à la meilleure façon de conduire les jeunes vers l'obligation. On comprend mieux pourquoi, aucun opposant à l'obligation n'avait été invité à ce débat, quand on sait que celui ci était organisé par Max Armanet. Pour souvenir, celui-ci avait lancé en novembre 2005, après l'émeute des banlieues, un appel pour un service civique obligatoire, par l'intermédiaire du magazine 'La Vie'. Rappelons que cet appel avait été signé alors, par 443 parlementaires de tous bords. (4)

La responsable d'Unis-Cité confirme encore la faisabilité et l’intérêt de cette proposition, dans un article de Libération où elle explique : « ...Le service civil volontaire, lancé fin 2006, a posé de solides bases. Viser l’obligation permettra d’atteindre l’universalité. Mais il nous faut déjà identifier précisément, avec les services de l’Etat, les collectivités locales et les associations, toutes les missions utiles à confier aux jeunes, intégrer intelligemment le temps du service, six mois minimum, dans les parcours éducatifs, et garantir un financement durable pour un dispositif suffisamment encadré et formateur... » (5)

Ce raisonnement repose en partie sur une crainte: si le service civique n'est pas obligatoire, l'Etat ne dégagera pas les moyens nécessaires au développement de missions utiles et intéressantes pour les jeunes.

Ce que deviendra le volontariat à long terme, une fois l'obligation instaurée grâce à ce type de raisonnement, ça, personne ne peut le dire mais on l'imagine facilement !

Sans doute que dans cette vision idyllique d'une jeunesse enfin mise au pas du sens civique, les associations de volontaires joueront un rôle d'encadrement, de modèle, bref, elles deviendront des professionnels du service civil et proposeront aux appelés qui le souhaitent, de s'engager au sein de leurs associations sur du plus long terme, avec des perspectives d'évolution de carrière: une « armée » de volontaires professionnels, en quelque sorte. Le service civique obligatoire favorisera la création de multiples missions et deviendra un « vivier » constamment renouvelé, de volontaires potentiels. Certes, la perspective est tentante et on peut comprendre qu'une association telle que Unis-cité succombe aux sirènes de l'obligation, pour valoriser sa démarche volontaire mais les risques sont importants pour le volontariat. En effet, prétendre ainsi servir de modèle à la machine étatique, en s'imaginant échapper à son rouleau compresseur relève à mon sens, d'une grande naïveté.

J'entends par là que si l'obligation reste l'objectif visé, quel jeune aura encore envie d'aller faire du volontariat, en sachant que son expérience de volontaire sera en réalité celle d'un vulgaire « cobaye » au service d'une expérimentation qui le dépasse totalement ? Qui plus est, quand cette expérience volontaire va venir étayer les thèses des partisans de l'obligation ? Cette confusion entre deux approches aussi différentes, risque d'éliminer le sens même de la démarche volontaire.

Autre question, le S.C.O représente une menace importante pour l'emploi salarié mais ne risque t-il pas également, de fausser les valeurs et les dynamismes du monde associatif (qui repose essentiellement sur le bénévolat) en substituant au principe du don de soi, celui de devoir envers la société ? Que deviendra notre démocratie si l'engagement citoyen devient majoritairement obligatoire ? A ce titre, le S.C.O pose de multiples questions sur le devenir même de notre démocratie.

La légitimité des associations prend racines dans la société civile, pour ensuite remonter et porter les revendications et doléances de celle-ci de manière démocratique, jusque dans les plus hautes institutions. Le S.C.O propose lui, un mouvement en sens inverse, antidémocratique de surcroît, qui ne peut que scléroser la spontanéité du mouvement associatif. En transformant ce mouvement, en gestionnaire d'un processus d'obligation, qui se trouve aux antipodes de ce qui le fonde.

Ce projet est extrêmement pernicieux et son influence ne demande qu'à s'étendre. Prenons un exemple: dans ce même débat, une personne trouvait injuste que l'obligation ne s'adresse qu'aux jeunes, l'amiral Béreau l'a immédiatement rassurée: l'idée de l'étendre également aux retraités est déjà en germination dans le S.C.O. Dans le même état d'esprit, un bénévole d'association dans la salle est intervenu pour suggérer qu'il faudrait aussi inclure les R.M.Istes et les chômeurs, bref, tous les « improductifs . » On voit bien l'escalade possible et annoncée, à partir du moment où l'obligation sera admise pour une catégorie de population, elle pourra plus facilement s'étendre à d'autres couches de la population. Ce bénévole d'association disait aussi: « ... Dans notre association, on a 200 000 euros de déficit, on va les combler en travaillant dur et s'il y a des jeunes qui viennent nous aider, on va boucher le trou, ça ne prendra la place de personne... ». (6)

A mon grand étonnement, aucun intervenant n'a invité ce bénévole à aller prendre des cours de gestion, plutôt que d'espérer résoudre les problèmes financiers de son association en exploitant les jeunes !

Côté gouvernement, les avis sont très partagés. Henri Guaino (conseiller spécial de Nicolas Sarkozy) affirme que le gouvernement «réalisera, malgré les obstacles, le service civique obligatoire» (7) Le président de la République a lui spécifié au ministre des Affaires étrangères dans sa Lettre de mission: « ...Vous saisirez l’opportunité de la création d’un service civique obligatoire pour redonner une dimension ambitieuse mais dans un contexte profondément renouvelé au réseau des coopérants français à l’étranger... » (8) Rappelons que M Bernard Kouchner avait déjà réalisé pour Me Ségolène Royal durant sa campagne présidentielle un rapport intitulé 'Pour un service civique mixte et universel' (9) Hervé Morin, ministre de la défense est très sceptique sur l'idée de créer un service civique obligatoire, quant à François Fillon il n'a jamais caché qu'il y était hostile.

Myriam Alderton, du Mouvement 'Pour une alternative au S.C.O'

Blog: non-au-sco.hautetfort.com

(1)Débat « Un service civique obligatoire ? » organisé par Libération à Grenoble, le jeudi 13 septembre 2007.

(2)Amiral Alain Béreau Auteur de "Faut-il instituer un service civil obligatoire ?" - septembre 2006.

(3)Extraits du débat audio (enregistrement disponible sur le site de Libération.)

(4)Voir le site www.service-civique.org

(5)Libération du jeudi 13 septembre 2007 'Un service civique obligatoire ?'

(6)Extraits du débat audio (enregistrement disponible sur le site de Libération.)

(7)Article Libération du 17 septembre 2007 'Grenoble: des débats sous le signe de la pluralité'.

(8)Extrait de la Lettre de mission de M. Nicolas Sarkozy, président de la République, adressée à M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes (Paris, 27 août 2007.)

(9)Rapport d’étape remis le jeudi 22 février 2007 par M. Bernard Kouchner à Me Ségolène Royal.

14.03.2007

MANIFESTE DE MAX ARMANET

Manifeste pour accroître de manière obligatoire le bonheur commun
ou les débuts d’un apprenti dictateur !

Analyse du Manifeste pour un service civique obligatoire de Max Armanet
(Paris, Laffont, mars 2007)
 
Les débuts d’une dictature sont toujours ridicules. Au 20e siècle, les premiers délires de Hitler, Staline et Mussolini trouvaient un public réduit de marginaux. Les historiens ont démontré que le contexte avait fait de leurs égratignures littéraires un foyer de gangrène pour tout le corps social. Nous sommes confrontés au même problème dans les démocraties contemporaines. Sur un autre mode. L’omniprésence des médias de masse rend difficile à repérer les messages porteurs de tendance totalitaires. La croyance dans la stabilité définitive des démocraties enlève aussi aux critiques leur vigilance. Les porteurs de messages totalitaires sont ainsi protégés car, aujourd’hui comme hier, ils prétendent porter au plus haut degré la recherche du bonheur collectif en manifestant leur désir de rendre obligatoire, pour tous et toutes, une de leurs lubies salvatrices.
 
Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour considérer la campagne menée à partie des Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001 comme une immense opération de bourrage de crâne dont les prétextes donnés pour envahir et détruire l’Irak seront un exemple qui fera école dans la démonstration de la provocation organisée par une puissance impériale maîtresse des grands moyens de communication.

Depuis 2001, le climat psychologique mondial est marqué par une guerre psychologique entretenue par les Etats-Unis qui cherchent un nouvel ennemi permanent pour justifier leur mission protectrice sur le monde, mission qu’il se sont donnés eux-mêmes et qui justifie leur existence à leurs yeux. Provoquer des guerres locales là où il y a des tensions sociales, publier des pamphlets justifiant l’agression d’un groupe sur un autre sous prétexte du droit à l’ingérence autoproclamée, chercher à ficher les individus et à limiter leurs libertés  personnelles est une des conséquences du Patriot Act imposé par Bush aux Etats-Unis dans la foulée du 11 septembre 2001. On doit cependant constater que des oppositions de plus en plus vives se font jour contre ce bourrage de crâne, en particulier en Amérique du Nord où l’administration Bush est remise en cause par le Parti Démocrate, des Républicains libéraux et de l’autre côté de la frontière Nord par la Cour Suprême du Canada.

De notre côté de l’Atlantique, le Conseil de l’Europe et des juridictions nationales de plus en plus nombreuses remettent en cause cette mise en condition des opinions publiques au nom de la lutte contre l’étranger qui est assimilé aux terroristes à la suite d’interventions répressives plus ou moins bien ciblées. On doit se demander à qui profite cette mise en condition des populations et, comme Zbigniew Brzezinsky vient de le faire en janvier à Washington, qui arme et manipule des individus pour leur faire commettre de tels actes et pour quelles fins. Dans un tel climat de « guerre de civilisations » sciemment provoqué de l’extérieur en Europe, on peut se demander si certaines forces obscures ne souhaitent pas détruire l’harmonie naissante de l’Union européenne en lui suscitant toutes sortes de problèmes en son sein.

On va voir ici que le Manifeste pour un Service civique obligatoire publié sous la signature du journaliste Max Armanet fait partie de ce genre de problème qu’il faut analyser avec la plus grande attention. Ici, commence à apparaître une attaque contre les libertés individuelles dans notre France chérie. Ici, doit commencer aussi une réflexion sur le pourquoi de cette attaque et du comment y riposter collectivement. Relançons le débat!
 
De gauche à droite
 
À la boxe, on sait que les uppercuts de gauche à droite sont très efficaces car très surprenants. La démarche qui consiste à imposer des valeurs totalitaires à une démocratie a toujours opéré de gauche à droite. Le procédé est simple et a déjà été utilisé dans l’action psychologique par les staliniens auxquels se ralliaient des catholiques décidés à racheter leurs péchés en se prétendant proche d’un peuple, ou encore d’une classe ouvrière, contrôlée par les staliniens. En France, toute une génération, au cours des années 1945-1965 a vécu dans cet univers psychologique. Considérer les dictatures totalitaires staliniennes et maoistes comme un exemple pour le peuple français a permis la construction de carrières innombrables. Le stalinisme a fourni des cadres de ce genre à l’État en France tout en se prétendant plus républicain que les autres, plus laïc que les autres et plus démocratiques que les autres. Toute une série de films montre aujourd’hui comment ces mensonges construisaient la substance politique de la République démocratique allemande. Le nazisme avait été écrasé. L’Allemagne avait expié ses crimes.

Mais cette expiation n’a concerné que sa partie occidentale. Les massacres opérés par les totalitarismes communistes et sanctifiés par leurs compagnons de routes chrétiens en Occident n’ont pas encore donné lieu à un assainissement des relations politiques dans l’Est de l’Europe. Pire encore, les liens naturels entre les bruns et les rouges, tous deux adorateurs du totalitarismes, mais concurrentiels dans sa mise en pratique, se sont fait jour pour voir réapparaître des nationaux bolcheviques et des conservateurs révolutionnaires. Tous deux unis contre un ennemi baptisé « libéralisme », « néo-libéralisme » ou « ultra-libéralisme ». Le glissement totalitaire de gauche à droite dans un discours « anti-libéral » peut se faire aujourd’hui facilement avec des aller-retour fascinants pour les observateurs.

Cette glissage est facilitée par un « ennemi » sur-valorisé, « l’islamisme radical » qui serait devenu la menace suprême pour la France depuis la chute de l’URSS. Le discours néo-conservateur américain produit ces analyses autour de Richard Perle, par exemple, qui est issu d’une lignée où les oscillations entre le trotskysme et Bush constituent la caractéristique originale de ce courant de pensée qui a tenté de remodeler le monde à partir de Washington. Ce néo-conservatisme américain ne peut pas être importé tel quel dans d’autres nations. Par contre, il suscite des phénomènes semblables qui réunissent les caractéristiques totalitaires propres à chaque nation. Et il peut même se faire en façade contre l’impérialisme américain mais en pratique comme son allié en défaisant la structure qui le dérange le plus : l’Union européenne. On a vu en 2005 se réunir pour la première fois de manière massive des idées anti-européennes en France, majoritairement concentrées dans le Non victorieux mais aussi dans le OUI honteux. S’est alors exprimé un social-nationalisme qui retrouve des saveurs à assembler chez Robespierre, Bonaparte, le PCF, Pétain et bien d’autres dont la volonté personnelle déclarée était d’obliger les individus à accroître leur bonheur de vivre collectivement.
 
Ce social-nationalisme a diverses composantes politiques mais une constante sociologique. Il s’agit surtout de personnes qui ont été jeunes pendant la valorisation hystérique des totalitarismes en France.

Ces personnes en ont conçu une adhésion ou une admiration qui leur revient comme le plus intense moment d’unité nationale à la fin de leur vie. En fait, cette période dite des Trente Glorieuses (1945-1975) a été marquée par la reconstruction pénible d’un pays dévasté, rendu honteux par la collaboration, transis d’un antisémitisme révélé, ruiné par les guerres coloniales les plus atroces, terrifié par une menace permanente de destruction atomique et bien sûr caractérisé par des conflits systématiques dans les usines, des manifestations réprimées, des injures permanentes, des assassinats politiques… et finalement un autoritarisme évitable, celui de Charles de Gaulle, qui est vu rétrospectivement comme un moment de bonheur obligé.

Et dont les successeurs, Pompidou et Giscard n’avaient fait qu’adoucir en surface un régime profondément autocratique. Mitterrand et Chirac ont poursuivi la modernisation de notre pays, l’un avec rouerie, l’autre avec une certaine sincérité. Or, cette génération de vieux voit avec angoisse que les nouveaux aspirants au pouvoir vont résolument faire passer à la trappe de l’histoire archivée toute cette période. Période que les jeunes garçons et filles de notre pays ne jugent plus utile de conserver de manière morose dans leurs esprits. Cette nouvelle génération métissée va pardonner aux vieux leurs erreurs passées avec le seul moyen qui semble disponible actuellement, l’oubli. Or, voilà que les retraités s’accrochent et veulent encore donner des ordres à des jeunes qui ont pourtant déjà accepté de ne pas être aidés et de se débrouiller seuls dans l’existence.
 
C’est dans ce climat que de vieux hommes aigris sentent que leur acceptation ancienne des brimades du service militaire, du Parti Communiste ou encore de l’Église catholique, doit être transformée en moment glorieux de brassage des corps et des esprits pour accroître le bonheur national collectif. Cette pulsion religieuse mortifère qui anime tous les vieux jeunes et les jeunes vieux en politique a un nom. Cela s’appelle le « sursaut ». Emploi curieux d’un terme médical qui indique la fin d’une agonie ou d’un choc provoquant un réflexe désagréable du corps. C’est un terme inexistant dans le vocabulaire contemporain de la jeunesse française dynamique. C’est par contre le réflexe conditionné qui porte le journaliste Max Armanet à manifester son intention personnelle d’imposer le service civique obligatoire à 800 000 jeunes chaque année. Délire, oui. Mais un tel délire peut engendrer une vibration médiatique autoritaire qui, en période de confusion des esprits provoquée à partir des Etats-Unis, peut nous amener à accepter obligatoirement le Meilleur des Mondes, donc le pire. Ce style qui va du meilleur au pire est typique de cet auteur et se remarque dans la 4e de couverture :
 
« Ce manifeste de la solidarité devrait constituer, non seulement pour eux (les candidats à la présidence) mais pour tous les Français (on voit ce qu’est le totalitarisme!), un très précieux mode d’emploi du service civique universel, laïque, donc obligatoire! »
 
Cette phrase entre guillemets, avec mes parenthèses et mon soulignement, synthétise bien le retour dans notre pays des constituants fondamentaux du fascisme à la française qu’a constitué au début du 20e siècle le solidarisme de Sorel.
 
Pour développer une telle ambition, il faut des parrains. Et il y en a. Ce sont des parrains de gauche et des Catholiques qui ont flirté ou adhéré à un moment de leur vie au totalitarisme politique ou à l’admiration de ce totalitarisme. Ensuite, avec ces noms connus et honorables, il a été facile de compter sur le réflexe de Panurge des pétitionnaires. On aligne ainsi derrière un texte totalitaire des noms de parlementaires qui ne le sont pas. Ainsi, la plupart des parlementaires qui ont signé l’appel de Max Armanet l’ont fait en croyant aider la cause du volontariat civil actuellement en développement. Ils ont été manipulés et vont le dire tout bientôt.
 
Max Armanet, qui présente une trajectoire de catholique de gauche en alliant la Vie, le Nouvel Observateur et Libération, opère de manière plus prudente dans son livre en remerciant une liste de deux pages de personnalités connues et d’organisme plus ou moins connus. Cela sous-entend que les noms mentionnés dans ces deux pages soutiennent le projet de service civique obligatoire. Un auteur a l’habitude de dire que le texte lui même ne relève que de sa seule responsabilité. Par la suite, il utilise cette formule bizarre : « Les idées proposées dans ce manifeste sont le fruit d’un engagement personnel nourri de cette démarche collective sans laquelle il n’existerait pas. » On doit comprendre qu’il exprime ce que les autres auraient bien voulu dire.
 
Et il n’a pas tout à fait tort : Attali, Kouchner, en particulier ont fait de multiples déclarations souhaitant le rétablissement du tribut en temps, impôt payé par la jeunesse désargentée, pour saluer le service civique obligatoire. Son introduction oscille constamment entre cette volonté réelle d’asservissement des jeunes Français et Françaises et un « nous devons donner du temps » qui semble inclure tout le monde. Le but avoué est de créer une « fraternité » car le mot sororité lui est inconnu. Ce qui prouve bien qu’il ne connaît guère notre jeunesse et certainement un de ses groupes les plus militants, les Chiennes de Garde.

À partir d’une dénonciation de la mondialisation ultralibérale, qui est une analyse commune de l’extrême droite et de l’extrême gauche totalitaires, l’auteur, qui sait son projet rejeté par la jeunesse (« incivique » donc preuve affligeante de la nécessité de lui imposer ce projet! CQFD), doit noyer le concept d’obligation imposée aux jeunes dans un fouillis de considérations sur le sens civique qui doit être un « parcours citoyen »  (les guillemets sont de lui) qu’il faut cependant assimiler à un mélange de scoutisme et de préparation militaire. Tout cela a certainement été écrit comme le « rapport Kouchner » sur une table de cuisine électorale.
 

26.02.2007

RAPPORT KOUCHNER: PLUS QUE DECEVANT.

Dans le rapport de M. Kouchner, on peut lire à la page 10: "Chaque jeune sera indemnisé à hauteur de 300 euros par mois par l'Etat ou les collectivités locales et l'ensemble de ses frais de transport, de repas et, le cas échéant, de logement, seeront en outre, pris en charge par la structure d'accueil..." Responsable d'une association qui emploie 9 salariés, je me pose une question: On se moque de qui ? Des jeunes, des associations ou bien des deux ? A la page précédente de ce rapport, on parle d'une "Réserve civique" où dit-on: "Ses membres seront sollicités pour encadrer les jeunes du service civique. Cette réserve peut être constituée dès aujourd'hui de personnes âgées de plus de 55 ans, et elle permettra de compléter les annuités de retraite."  A une aussi grande échelle, la formation, l'accompagnement et l'encadrement des jeunes doivent être professionnels et sérieux, de telles suggestions sont irresponsables. De plus, on peut y voir une forme de pression faite sur les retraités: Pas d'aide pour encadrer les jeunes, pas de complément pour la retraite ? Voire de discrimination car les retraités pauvres dont l'état de santé ne le permet pas ne pourront jamais prétendre à un tel "bénéfice"... Et demain quoi ? L'obligation pour les retraités comme pour les jeunes ? Sur le coût du rapport, il est évalué à 2 milliards d'euros par an pour 500 000 jeunes, je laisse à chacun le soin de faire la division par jeune et par mois, les associations et les jeunes apprécieront ! M. Kouchner ose appeler ce projet "gagnant-gagnant" ? C'est un projet "perdant-perdant" pour les jeunes et pour les associations. Un projet sans aucune envergure, sans aucune réelle ambition, un projet dans lequel l'Etat ne prend pas ses responsabilités, il ne manquerait plus qu'il devienne obligatoire.